Ghérasim Luca. 2

« Le corps fantôme de la douleur chronique aiguë, c’est un corps plongé dans une intensité, un excès de réel générateur d’une angoisse qui me fait sinon crier, du moins parler. La douleur est une souffrance sans langage ».

Ainsi Esther concluait-elle son article Tu n’as pas ce qu’il faut pour te porter, publié en décembre dernier, lequel a suscité de nombreux commentaires, comme souvent (grâce au « trampoline collectif géant » ! Encore une expression d’Esther qui me plaît beaucoup). A l’un d’entre eux, Esther précisait ceci : « Écrire, c’est bégayer« .

Au même moment, à l’époque, je découvrais avec enthousiasme la plume de Guérasim Luca et, notamment, le poème Passionnément qui faisait écho, à mon sens, aux paroles d’Esther – non pas sur le fonds (le poème de Luca est une déclaration d’amour… quoique… au moment où j’écris ces lignes, je n’en suis pas si sûre… on pourrait peut-être trouver des correspondances entre les deux thèmes mais c’est une autre histoire – non pas sur le fonds donc mais sur cette idée de bégaiement, de difficultés à traduire les choses. Et en l’espèce, comment dire la douleur ? Comment les mots, piètres outils, peuvent-ils la traduire ? Esther prétend « chercher [s]es mots »… On pourrait croire qu’elle s’adonne-là à une sorte de coquetterie, compte tenu de la qualité de son écriture. Mais je ne crois pas… Il s’agit d’une interrogation plus vaste, plus profonde autour de l’écriture, du langage, de la difficulté d’écrire… Loin de moi l’idée d’épuiser cette épineuse question – je n’en ai ni les compétences ni l’intention.

Aussi est-il temps de laisser la parole à Guérasim Luca, à travers les premières lignes de son poème Passionnément (à voir et à écouter, ici…) – là est mon unique dessein… Une promesse à Esther…

Page 1-01.jpeg

Continuer la lecture de Ghérasim Luca. 2

Loïc Demey

« C’est à l’écoute de Prendre corps, poème de Ghérasim Luca mis en musique et interprété par Arthur H, que Loïc Demey, professeur d’éducation physique dans un collège mosellan depuis une dizaine d’années, se lance dans l’écriture de Je, d’un accident ou d’amour.
De Ghérasim Luca, il garde l’idée d’omettre les verbes, qu’ils soient conjugués ou à l’infinitif, et de les troquer pour des noms, des adjectifs ou des adverbes. »
Extrait de la préface d’Antoine Wauters

Demey 1-01-01.jpeg

Continuer la lecture de Loïc Demey

Ghérasim Luca. 1

Ghérasim Luca 1

Ghérasim Luca

Extraits de Prendre corps de Ghérasim Luca in Héros-Limite suivi de Le Chant de la carpe et de ParalipomènesPréface d’André Velter, Collection Poésie (n° 364), Gallimard, 2001

Quelques ressources sur Ghérasim Luca (1913 – 1993)

Le poème Prendre corps mis en musique et interprété par Arthur H et Nicolas Repac
La page des Éditions José Corti
Le récital-télévisuel de Raoul Sangla, Comment s’en sortir sans sortir

Guy de Maupassant. 4

« Haut, très maigre, portant un gilet blanc, de petits diamants comme boutons de chemise, il parlait sans gestes, avec un air correct qui lui permettait de dire les choses très osées dont il avait la spécialité. Fort myope, il semblait, malgré son pince-nez, ne jamais voir personne, et quand il s’asseyait on eût dit que toute l’ossature de son corps se courbait suivant la forme du fauteuil. Continuer la lecture de Guy de Maupassant. 4