Gaëlle Josse

Pastel (pixabay)

Il parle fort. Trop fort. Sans raison aucune de hausser le ton, il parle fort, il rit fort. Il a le verbe haut. Qui veut-il sans cesse convaincre ? est-il si rassurant d’entendre ainsi sonner sa voix ? Son timbre wagnérien m’étourdit. Parfois, je lui demande de parler un peu moins fort. Je n’ose pas toujours. Quand j’ose il n’entend pas. C’est moi qui ne parle pas assez fort. J’ai du mal à faire entendre ma voix. Je m’aperçois que j’ai toujours cherché des hommes à la voix douce. J’aime qu’on me parle doucement. (page 36)

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